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Coaching scolaire : une efficacité difficilement quantifiable

Coaching scolaire : une efficacité difficilement quantifiable Crédit photo / Susanne Borges/A.B./Corbis

Bien que le coaching soit une pratique ancienne, il n'existe pas actuellement d'outils ou d'études attestant d'une efficience prouvée en matière éducative. Par Frédéric Sécher

Aucune étude permettant de mesurer l’efficacité du coaching scolaire n’a pour l’instant été menée. L’aspect non-disciplinaire et parfois informel de ce type d’accompagnement en est peut-être la cause. Selon Philippe Vivier, président et membre fondateurde l'AFCSE, le coaching est une méthode de résolution de problèmes assez simple à mettre en œuvre, même s’il ne s’agit pas pour lui de résoudre de simples équations mathématiques : « À partir du moment où tout est mis en œuvre pour régler la problématique de la personne coachée, avec l’éthique qui est nécessaire, il y a des chances qu’elle soit satisfaite, surtout si elle a fait son check-up en amont, notamment sur les qualifications et la légitimité du coach qu’elle contacte. »

Ainsi, pour estimer si le coaching scolaire a un effet bénéfique ou non sur l’individu, la plupart des coachs préconisent de s’en remettre au ressenti et aux témoignages des personnes coachées. Le ressenti étant avant tout une donnée subjective, le coach doit-il satisfaire l’enfant, les parents ou les deux ? Les objectifs initiaux et émergents ne sont pas toujours les mêmes, les parents s’attendant parfois à obtenir des résultats immédiats en adéquation avec leurs propres inquiétudes. « Ce serait bien de pouvoir faire des statistiques et de marquer 97 % des clients satisfaits. Mais satisfaits quand ? », s’interroge Jean-Philippe Riant, directeur de l'IECE. À l’issue du coaching, le coaché est souvent déstabilisé car il est encore « empêtré » dans sa situation. « Si je l’interroge à ce moment-là, je ne suis pas sûr d’avoir un retour positif. De la même manière, la famille ne sera peut-être pas satisfaite non plus », analyse le coach. Toutefois, il l’aura mis sur le chemin et estimera avoir fait son travail. Selon lui, le résultat n’est pas toujours immédiat. Il prend l’exemple d’une personne ayant arrêté de fumer et qui ne se sent pas bien les jours suivants. Ce n'est qu'un mois plus tard qu'elle en tirera un bénéfice. Il en va de même pour le coaching.

Le coaching aux portes de l'école ?

Mme C. G., enseignante en lettres modernes dans un lycée public de l’Ain, assure des cours de soutien de français dans le cadre de l’accompagnement personnalisé en seconde et en première. Pour ce professeur, le principal coach devrait être la famille. Celle-ci devrait être présente pour son enfant, afin de lui expliquer l’intérêt de se lever le matin, d’aller à l’école, de comprendre la nécessité de l’apprentissage. Pour elle, si le métier de coach émerge de plus en plus, c’est peut-être parce que les parents sont complétement démunis par rapport à leurs enfants et « qu’ils veulent aussi avoir un peu la paix ». Alors, ils délèguent. Cela va les rassurer et les décharger. L'ensei­gnante trouve cela dommage, mais sans doute logique au regard de l’évolution des rapports entre les enfants et les parents. Ainsi, même si elle attache une plus grande importance à la compétence de l’ensei­gnement des disciplines scolaires, ce pro­fesseur serait favorable à ce que les équipes éducatives soient formées aux méthodes de coaching ou du moins à aider les élèves à s’orienter, à faire les bons choix en fonc­tion de ce qu’ils aiment, de leurs capacités : « Le monde évolue, les métiers également, mais nous, nous ne sommes jamais vraiment formés à ces changements. »

Le principal coach devrait être la famille.Selon la sociologue de l’éducation Anne-Claudine Oller, il existe des différences entre ce que peut faire l’école et ce que font les coachs. Lors de la préparation de sa thèse, elle s’est rendue dans un lycée public où les enseignants mettaient en œuvre des accompagnements qui pouvaient ressembler à du coaching : un accompa­gnement individuel, non-disciplinaire, basé sur l’écoute de la parole et sur les questionnements de l’élève qui faisait émerger ses propres réponses. Pour elle, les techniques employées n’étaient pas celles d’un coach, car le coaching est basé et orienté sur l’individu qui cherche à devenir performant et épanoui : « Les enseignants que j’ai rencon­trés ne peuvent pas atteindre ce résultat. Ils cherchent à construire un élève qui donne du sens à ses apprentissages et donc à l’école. Bien sûr, si cet élève peut s’épanouir dans sa scolarité, c’est parfait. Mais pour les coachs, c’est le chemin inverse ; c’est le fait d’être épanoui qui donne du sens à l’école. Ce n’est pas du tout la même chose ! »

En savoir plus

Coaching scolaire, école, individu : l'émergence d'un accompagnement non disciplinaire en marge de l'école.
Par Anne-Claudine Oller, thèse de doctorat, Université de Grenoble, 2011

Dernière modification le vendredi, 13 novembre 2015 10:35

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